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Il y a des larmes qui me coulent dans le cou ?
Avant. Avant. Avant, c'était bien. Avant. Avant. Avant.
Eléonore, avant, c'est fini. Il faudrait que je me dise. Il faudrait beaucoup.
J'avais l'envie dans les mains. Les mains tendues. Les yeux grands ouverts.
Avant. Avant. Et j'espérais qu'avant dure toujours. Toujours. Toujours.
Les couleurs des rêves se ternissent. Au fur et à l'usure. A l'usure d'espérer.
Les yeux se ferment. Les mains se lachent. Au revoir et à jamais.
Des chemins de plus qui se séparent. Des fossés de plus qui se creusent.
Des étoiles qui s'éteignent. Des rêves qui ne sont plus.
Mais au fond, rien n'a vraiment changé, dis moi ?
Juste des étrangers à mon coeur. Juste des bribes de souvenirs.
Simplement des ombres devant mes yeux. Je vois flou.
Juste le besoin d'un temps. Juste un temps pour revenir en avant.
Une dernière volonté. Et je fermerai vraiment les yeux. Je serai aveugle.
Et avant n'existera plus. Et avant ne voudra rien dire de plus.
Un souvenir lointain et puis c'est tout.
Même ce soir, je n'y arrive pas. Même avec des si.
J'ai beau me tourner, me retourner, je finis par me détourner.
Personne à qui le dire. Personne qui me laisserait une fois pleurer dans ses bras.
Avec qui je ne me sentirais pas égoïste, je ne me sentirais pas tout à fait mauvaise.
Une petite lueur, une petite étoile. Un petit rien. Des mains tendues et me voila.
Un puit caché au fond des bois où je pourrais crier la douleur.
Un puit muet, un puit qui ferait taire son écho.
Et pourtant, même les larmes ne sont pas éternelles.
L'inévitable, je ne peux l'éviter. Le sourire va reprendre le dessus.
Mais personne ne verra. Mes yeux voilés. L'absence de la petite étincelle.
Les couleurs des jours s'en vont, je ne sais les retenir. Elles filent entre mes doigts.
Le gout n'est qu'amer. Le sentiment n'est qu'amertume. Non. Mélancolie.
Jour après jour. Rire après rire. La vie semblera belle. La vie semblera facile.
La routine convient bien aux gens. Dans leur nid douillet d'habitudes.
Faire semblant de vivre, est-ce vraiment une vie ?
Les yeux cernés. Tiraillée par la fatigue. Assomée par les insomnies.
Le rire qui sonne parfois faux. L'ennui qui attend sagement à la maison.
La peur au ventre de rentrer et d'être seule. L'envie de rester encore un peu.
Juste un peu. Avec les autres. Encore un peu. Même s'il n'y a plus rien. Même si.
Une prière muette. Un espoir inespéré. Une déchirure au coeur. Les mains glacées.
Le froid aujourd'hui envahit même le coeur. Et pourtant. Tant de chaleur à donner.
Tant d'amour. Tant de rêves. Tant de fierté. Tant d'envies. Tant de sourires.
Donner. Sourire. Encore. Toujours. Maintenant. Essayer juste un peu.
Je suis tombée dans le puit.
Je suis tombée. J'ai peur de me noyer.
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